La frise Dionysiaque du Théâtre antique révèle ses secrets

Vendredi, Laura Colleman, régisseuse des collections, nous offrait un voyage fascinant à travers le temps avec la découverte de la frise Dionysiaque du Théâtre antique d’Orange. Étudiée minutieusement par Emmanuelle Rosso, enseignante-chercheuse de l’Université Paris IV - Sorbonne, cette frise unique nous dévoile des détails saisissants sur la vie antique.

Un trésor archéologique révélé

Datant du Ier siècle après J.C., la Frise Dionysiaque, originellement présente sur le mur de scène du Théâtre, narre le cortège de Dionysos à travers deux parties distinctes : son enfance, lorsqu’Hermès le présente aux nymphes pour le protéger de la folie d’Héra, et le Thiase, regroupant les créatures accompagnant Dionysos (nymphes, satyres, silènes…)

Suite aux effondrements successifs du mur de scène, des fragments de la frise furent récupérés par des riverains pour alimenter un four à chaux, rue de la République. Ce sont les fouilles de cette dernière, dans les années 1949-52, destinées à l’installation d’un coffre de la Société nationale de crédit, qui ont permis de révéler un nid de marbre qui était alors composé d’éléments de statues, du cadastre de la ville mais aussi de fragments de frises.

Au total, ce sont 86 fragments de frise qui furent envoyés en restauration, dont 40% sont actuellement exposés dans la frise dionysiaque dont nous n’avons actuellement que 20% du puzzle.

Pour reconstituer partiellement cette frise, Emmanuelle Rosso a dû réaliser une étude préalable destinée à sélectionner et positionner de manière cohérente les différents fragments. Le positionnement des plaques n’est donc qu’hypothétique ; raison pour laquelle la frise a été pensée de sorte à ce qu’elle soit réversible en cas d’ajout de pièces.

Une restauration méticuleuse pour une présentation inédite

Le processus de restauration de la frise, entrepris par Anaïs Lechat, Laurent Caputo et Alexandre Beaunet, révèle les défis techniques et artistiques inhérents à la préservation de ce trésor patrimonial. Anaïs Lechat nous livrait d’ailleurs que la mise en valeur d’un tel projet dans un musée était toujours un événement palpitant, d’autant plus, lorsque l’enjeu est de taille.

Ici, la difficulté technique résidait dans le fait qu’il faille une structure légère, solide et réversible. Les restaurateurs ont ainsi choisi une structure nid d’abeille en aluminium pour sa légèreté et un mortier spécifique incorporant de la poudre de marbre pour rassembler les différentes pièces de manière homogène tout en se rapprochant au maximum de la matière originale des fragments.

Malgré la complexité du projet, leur travail méticuleux a permis de redonner vie à cette pièce unique de l’histoire antique, offrant ainsi au public la possibilité de découvrir et d’apprécier pleinement cet héritage d’ici la fin du mois de mars.

En dépit des lacunes de la frise, les détails remarquables, notamment au niveau des visages, témoignent de son importance historique. La Frise Dionysiaque demeure unique, étant la seule du théâtre à avoir été étudiée dans son intégralité. Ses fragments sont également accessibles en 3D sur le site sketchfab.fr, offrant ainsi une expérience immersive aux passionnés d’histoire et d’archéologie.