Théâtre Antique Arc de Triomphe Identité d'Orange Histoire Patrimoine

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Présentation de la ville d'Orange

Orange est une ville qui recèle nombre de merveilles dont notamment deux monuments classés « monument mondial » !
Unique au monde, l’imposant Théâtre Antique ainsi que l’Arc de Triomphe donnent un caractère tout particulier à notre ville. Venez découvrir ces monuments anciens dans un climat provençal et une ambiance accueillante.

Orange est aussi connue pour son terroir généreux et ses produits locaux riches de saveurs ! 

La cité des princes propose une balade à travers le temps, dans un cadre agréable. Plusieurs itinéraires vous sont proposés pour découvrir la beauté de notre ville et de nombreux endroits, places, restaurants vous permettront de vous reposer et profiter de la culture orangeoise. 

Le parcours romain vous fera parcourir la ville à travers un prisme ancien et vous mesurerez l’immense patrimoine antique que couvre Orange. Le parcours des princes Nassau vous fera découvrir la suite de l’histoire orangeoise, avec cette période toute particulière où les Princes Nassau ont porté le nom d’Orange à travers le monde.

Orange, grâce à ses places ombragées et ses rues pleines de souvenirs, ses animations et ses produits locaux vous enchantera et vous fera goûter à la culture provençale !

 

 

 

 

Théâtre Antique

« La plus belle muraille de mon royaume » Louis XIV

Théâtre antique le mieux conservé du monde, il est le monument clé de notre cité. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco il s’impose dans la ville comme un lieu de visites, d’animations et de spectacles. Les chorégies, festival français de renommée internationale s’y passe depuis 1869.
Il fut construit sous le règne d’Auguste au 1er siècle avant JC et accueillait jusqu’à 9000 spectateurs grâce à sa structure et son acoustique exceptionnelle. Très bien conservé il accueille actuellement près de 190000 visiteurs chaque année.

Les Visites :
Le Théâtre Antique est ouverts tous les jours, toute l'année.
Théâtre Antique :
Janvier, février, novembre, décembre : 9h30-16h30
Mars, octobre : 9h30-17h30
Avril, mai, septembre : 9h-18h
Juin, juillet, août : 9h-19h
Ces horaires peuvent être modifiés en soirée lors des répétitions et des spectacles

Les visites sont gérées par culturespaces :

 

 

 

 

L'Arc de triomphe

Deuxième monument de notre ville classé Unesco, l’arc d’Orange est le triomphe de l’impérialisme romain !
Il date du 1er siècle après JC. C’est une porte ainsi qu’un poste de garde de la cité. On peut y voir nombre de très belles sculptures représentant des batailles ainsi que des soldats romains mis à l’honneur. Une salle en haut de l’arc permettait de surveiller l’ennemi, on peut encore voir la pierre tournante qui permettait de rentrer dans cette pièce de garde. La porte du milieu était réservée au passage de l’empereur ainsi que des personnes importantes. Le peuple utilisait les portes latérales.
Restauré en 2009, cet imposant monument est un lieu incontournable de la visite d’Orange.

 

 

 

 

L'identité d'Orange

L’origine du nom de la ville d’Orange est source de différentes hypothèses. La plus probable est le fait qu’Orange vienne de « Arausion », d’origine celte et  qui signifierait la ville près du fleuve. Arausion rappelle la rivière d’Aygues appelé autrefois Araus proche de la cité.

La ville romaine a été fondée en 40-30 avant JC. Orange et elle est un lieu de passage important depuis l’antiquité par sa position sur la voie d’Agrippa et sa situation dans la plaine du Rhône. Traversée par la Meyne et l’Aygues, deux affluents du Rhône, la ville s’est développée autour de la colline Saint Eutrope. Puis elle devint un comté sous le règne de Charlemagne. En 793 Guillaume Cornet pris la ville aux sarrasins et devint comte d’Orange. Enfin la cité devient une capitale de principauté au 12ème siècle. Les Maisons des Baux, de Chalon, des Nassau et des Conti se succèdent pour régner sur la ville.

Notre belle cité compte à ce jour 30627 Orangeois. Son blason : « D’azur à la branche d’oranger feuillée de sinople, chargée de trois oranges d’or, au chef d’or chargé d’un cornet d’azur virolé et lié de gueules ». Pendant longtemps les armoiries étaient juste le cornet, qui vient de Guillaume au « court nez » qui fût transformé en Guillaume au « cornet », prince des Baux. Au 16ème siècle se rajoutent trois oranges. Cela vient de la transformation du nom primitif « Arausio » en « Orange ». La célèbre devise «  je maintiendrai » vient de René de Nassau qui reprit la ville suite à Philibert de Chalon avec ses armoiries et la devise : «  je maintiendrai Chalon ». Une autre devise célèbre est celle de guillaume le taciturne (1544-1584), prince d’Orange : «  Il n’est pas indispensable d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ».

Orange possède une identité forte grâce à son ancienneté, son caractère romain, et son histoire riche ! A cela s’ajoute son patrimoine culturel, notamment le théâtre antique et l’arc de triomphe. Ses spécialités territoriales sont nombreuses  et constituent une part forte de ce qu’est Orange aujourd’hui.

 

 

 

 


Histoire


Antiquités

35-30 avant Jésus-Christ : fondation d'Arausio par les vétérans de la IIème légion "gallique".
La cité se dote au cours des siècles de monuments typiques de la civilisation urbaine romaine.

Beaucoup sont encore visibles aujourd'hui :
- le Théâtre Antique
- l'Arc-de-Triomphe
- les vestiges des temples de la colline et l'hémicycle
- les vestiges du mur d'enceinte (tours) et de l'aqueduc
- le mur ouest du forum
- les Cadastres gravés sur marbre (visibles au Musée Municipal).
77 après Jésus-Christ : rédaction des cadastres d'Orange sur l'ordre de l'empereur Vespasien.
460 après Jésus-Christ : St Eutrope, patron de la ville et évêque, donne son nom à la colline qui surplombe le Théâtre Antique.

Epoque médiévale
793 : Guillaume au Cornet, Comte d'Orange, compagnon de Charlemagne, libère la ville de l'occupation sarrasine. A la fin de sa vie, Guillaume, abandonnant toutes les richesses de ce monde, entre au monastère. Après sa canonisation, ce monastère deviendra St-Guilhem-le-Désert.
1096 : Raimbaud II, comte d'Orange, participe à la Ière croisade et se signale par sa vaillance à Antioche et sur les murailles de Jérusalem. Une statue le représentant et datant du XIXème siècle est visible place de la République.
1150-1393 : les Princes des Baux règnent sur la Principauté d'Orange.
1163 : l'Empereur allemand Frédéric Barberousse élève Orange au rang de Principauté.
1184 : les Princes d'Orange battent monnaie.
1208 : consécration de la Cathédrale Notre-Dame de Nazareth en présence du prince Guillaume des Baux.
1348 : la peste noire fait disparaître près de la moitié de la population. 1365 : création de l'université d'Orange.
1393 : la Principauté passe à la famille de Châlon.
1471 : instauration d'un parlement de la Principauté.


Les temps modernes
1620 : Maurice de Nassau transforme le château des Princes en une puissante citadelle.
1665 : Guillaume III d'Orange. Il deviendra roi d'Angleterre en 1689.
1673 : destruction totale de la citadelle d'Orange sur ordre de Louis XIV. Ruines du château encore visibles sur la colline.
1702 : mort de Guillaume III de Nassau. La Principauté échoit au prince François Louis de Bourbon, de la maison de Conti.
1703 : prise de possession de la principauté par Louis XIV. Expulsion des protestants.
1713 : première annexion officielle de la Principauté au Royaume de France par le traité d'Utrecht.
1718 : restitution de la Principauté à Louis-Armand, Prince de Bourbon-Conti.
1720 : la peste frappe Orange et fait 550 victimes.
1731 : cession définitive de la Principauté rattachée à la province du Dauphiné sous Louis XV.
1757 : ouverture de la fabrique de cotonnades imprimées dites "indiennes" des frères Wetter.

La Révolution, l'Empire et la Restauration

1790 : Rodolphe d'Aymard, premier maire d'Orange, intervient à la tête de la Garde Nationale pour mettre fin aux émeutes des 10 et 11 juin 1790 à Avignon.
1793 : création du département de Vaucluse auquel Orange est attaché.
1794 : Le tribunal révolutionnaire sévit à Orange comme dans le reste de la France. 332 personnes sont exécutées. Les Bienheurese d'Orange. Dans le prolongement de la cathédrale, du côté sud, une belle maison a servi de prison en 1794. C'était "la prison de la cure" ou du "temple de l'Être suprême". 32 religieuses expulsées de leur couvent de Bollène y furent incarcérées avant d’être jugées et condamnées à mort. En 2006, symboliquement, c’est à la chapelle Saint-Louis, où celles que l’on connaît désormais comme les Bienheureuses d’Orange comparurent devant le tribunal révolutionnaire, que la Ville a fait jouer une tragédie historique de Jacques Lorcey, "Procès à Dieu ou les Martyres d’Orange".
1824 : Début des travaux de restauration du Théâtre Antique par Auguste Caristie, architecte des Monuments historiques.




Époque Contemporaine
1869 : premières représentations au Théâtre Antique sous le nom de "fêtes romaines" qui deviendront les Chorégies d'Orange.
1903 : Sarah Bernhardt joue Phèdre au Théâtre Antique.
1915 : mort du célèbre entomologiste Henri Fabre.
1924 : inondation de la ville : 1,50 m d'eau dans le centre ville.
1940 : aménagement de la base aérienne de Caritat.
1952 : visite de la reine Juliana de Hollande. La souveraine plante symboliquement un chêne sur la colline Saint- Eutrope.
1967 : installation de la Légion Étrangère. Le1er Régiment Étranger de Cavalerie prend ses quartiers sur la route d'Avignon.
1991 : aménagement d'un parvis devant la façade du Théâtre Antique, restauré en 1988.
2000 : restructuration du cours Aristide Briand.
2001 : création de la salle des fêtes.
2005 : Installation du nouveau toit de scène du Théâtre Antique spécialement réalisé par la société Eiffel en matériaux contemporains, verre et acier.
2008 : La Municipalité engage un grand chantier de restauration de la Cathédrale Notre-Dame à l’occasion de son 8ème centenaire.
2009 : Orange dépasse le seuil des 30.000 habitants pour la première fois de son histoire.
2009 : Lancement des études en vue en vue de la réalisation d’un complexe aquatique sur la colline.
2010 : Inauguration de la nouvelle station écologique d’épuration des eaux usées.
2010 : Fin de la campagne de restauration de l’Arc de Triomphe d’Orange, la plus importante depuis celle de Caristie au XIXème siècle.
2010 : Ouverture de la zone commerciale Orange les Vignes.
2010 : Début du chantier de la rénovation de l’avenue de l’Arc de Triomphe.


Le blason

"D'azur à la branche d'oranger feuillée de sinople, chargée de trois oranges d'or, au chef d'or chargé d'un cornet d'azur virolé et lié de gueules".



Origine
Ces armoiries parlantes arborent aussi dans le chef, le meuble essentiel du cornet adopté par les princes de la maison des Baux depuis le dernier quart du XIIe siècle, le cornet étant la déformation du "court nez" du Guillaume de la chanson de geste.


Timbre et ornement
L'écu est ordinairement accompagné d'une branche de chêne à dextre, et d'olivier à senestre.

 

 

 

 


Patrimoine

Rempart romain et cimetières

En 1781, l'ancien cimetière, situé près de la cathédrale Notre-Dame, était depuis longtemps insuffisant et insalubre. La ville, pressée par l'autorité judiciaire et redoutant une épidémie à l'approche de l'été, acheta alors un enclos quartier du Peyron pour en faire un nouveau lieu de sépultures. Actuellement, une voie le sépare des cimetières protestant et israélite.A l'entrée, les vestiges d'une porte témoignent d'une enceinte romaine beaucoup plus vaste que les suivantes, construites au Moyen Âge et à l'époque moderne. A proximité se trouvait une tour de ces fortifications antiques, longtemps identifiée comme des thermes, qui serait la fameuse "tour Gloriette" des troubadours décrite à Guillaume au Cornet, premier comte d'Orange, comme le palais de la reine Orable.

L'Ancien Théâtre Municipal
Sous la Révolution, la Commission populaire qui siège à Orange fait dresser l'échafaud dans cette partie sud de l'ancien cours Saint-Martin : 332 victimes périssent sous le couperet de la guillotine durant les mois de juin et juillet 1794. Pour perpétuer leur souvenir, un monument expiatoire est élevé sur les lieux même de leur supplice, en 1825, grâce à des fonds recueillis par souscription publique. Endommagé au cours de la Révolution de 1830, il est finalement rasé en 1848. Sur son emplacement est construit en 1882 le Théâtre Municipal, sous la direction des architectes Boudoy - ancien collaborateur de Charles Garnier - puis Carlier. D'une capacité de 650 places, il est inauguré en 1885, avec au programme "La fille du régiment" et "Les charbonniers". L'édifice garde son affectation jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, date à laquelle il est converti en lieu de réunion par les autorités allemandes. Il est, à partir de 1950, réaménagé pour accueillir conférences, réunions et fêtes, et abrite quelque temps la bibliothèque et les archives municipales. Restructuré en 1981, il est désormais affecté à diverses manifestations culturelles et sociales.

Cours Aristide Briand (1862 - 1932)

Dénommé Aristide Briand par le Conseil Municipal d'Orange, le 17 mars 1932, en hommage au "grand citoyen, éminent homme d'État et pacifiste", le Cours Saint-Martin avait été créé à la fin du XVIIIème siècle sur l'emplacement des anciennes fortifications détruites sur ordre de Louis XIV. La famille Gasparin y avait fait édifier son "château" en 1787 ; cette vaste demeure, rachetée par la ville en 1909, fut rasée peu après pour construire le collège de jeunes filles, ouvert en mai 1914. Seul le parc, devenu jardin public, subsiste encore. Le comte Adrien de Gasparin (1783-1862), pair de France et membre de l'Institut, ministre de l'Intérieur sous Louis Philippe, fut aussi un agronome réputé. Sa statue de bronze élevée par souscription nationale fut inaugurée sur le cours le 11 septembre 1864. Transférée dans le parc en 1931, elle fut enlevée en mai 1942, pour être fondue. La famille Gasparin a donné deux maires à Orange : Augustin, frère cadet d'Adrien (1836-1848) et Paul, son fils (1878-1880).


Château des princes d'Orange

Fortifiée sans doute dès les origines, la colline Saint-Eutrope, butte de plus de 100 mètres d'altitude, était autrefois appelée "le Puy" ou "la Montagne". Un "châteauneuf" dont la présence est attestée depuis le début du XIIIème siècle est agrandi pendant la guerre de Cent Ans, et sa défense améliorée. Au cours des guerres de Religion, le château, pris le 6 juin 1562 par les troupes catholiques, est incendié et en partie détruit.Entre 1622 et 1625, le prince Maurice de Nassau (1567-1625) fait d'Orange "l'une des plus belles places fortes d'Europe" : il fait en effet renforcer les fortifications et rajouter cinq grands bastions pour assurer la défense de la ville. A la fin du XVIIème siècle, le château est rasé, ses fossés et le puits comblés, sur ordre de Louis XIV.

Temple Saint-Martin
En novembre 1566, les protestants d'Orange obtiennent du gouverneur l'autorisation "d'édifier un temple quartier Saint-Martin", achevé l'année suivante. Pendant les guerres de Religion, ce sanctuaire est le théâtre d'une tuerie de onze jours, dénommée "Notre-Dame la Massacreuse" : à partir du 2 février 1571, jour de la fête de la Purification de la Vierge, cent quarante huguenots orangeois y sont en effet assassinés.A la révocation de l'édit de Nantes (1685), le temple Saint-Martin ou "petit temple" est rasé "rez pied rez terre" ; une fontaine, aujourd'hui disparue, est alors construite sur son emplacement. Sous le Second Empire, la surface de la place est doublée, car son "exiguïté portait une atteinte grave à la tenue des marchés".

Chapelle Saint-Louis

En 1718, le Grand Temple est donné aux Pères de la Doctrine Chrétienne venus s'établir à Orange pour servir d'église à leur collège et à leur séminaire. Consacrée en 1719, la chapelle est dédiée à saint Louis. Sous la Terreur, la Commission populaire y siège du 3 juin au 31 juillet 1794, et de nombreux ressortissants des départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône doivent comparaître devant ce tribunal révolutionnaire.332 d'entre eux furent condamnés à mort comme "fanatiques" ou "fédéralistes", et ensevelis dans des fosses communes au lieu-dit de Gabet, quartier de Laplane ; une chapelle y est érigée à leur mémoire en 1832. En 1865, la ville vend ces bâtiments aux sœurs de la Présentation de Marie, dont le collège actuel a été construit sur la colline en 1972.

Rue du Pontillac
Ancien canal destiné à l'écoulement des eaux usées et immondices, le Pontillac partait du bout de l'actuelle rue Saint-Florent et traversait tout Orange d'est en ouest, en passant devant le théâtre, pour rejoindre le fossé de Saint-Martin. Ce véritable égout à l'air libre est couvert en 1718, et l'actuelle rue du Pontillac suit une partie de son tracé.Au début des années 1760, lors de la création du cours Saint-Martin, un nouveau canal est aménagé pour recevoir les eaux de la ville à la sortie de l'ancien canal du Pontillac, le fossé des anciennes fortifications ayant été comblé. La rue du Pontillac est traversée par un mur romain, sans doute le mur d'enceinte ouest du forum, dont une arcature a été percée pour permettre le passage.

Le Grand Temple
En 1630, le prince Frédéric Henri de Nassau élimine Jean de Valckembourg, gouverneur qui avait tenté de le trahir, et nomme à sa place son beau-frère, le burgrave Christoffle de Dohna. Le Grand Temple est édifié sous son gouvernement (1633-1636), et Dohna y est enseveli en 1637. Sa destruction est décidée en 1685, lors de la révocation de l'édit de Nantes, mais il fallut quatorze jours pour abattre l'édifice dont les bases solides résistèrent aux leviers et à tout autre instrument, si bien qu'on dû "jouer de la mine". La paix de Ryswick (1697), qui met fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg, contraint Louis XIV à reconnaître le prince Guillaume de Nassau comme roi d'Angleterre et à lui rendre la principauté d'Orange, qu'il occupait depuis 1685. Signe du rétablissement du culte réformé, le Grand Temple est alors reconstruit au même endroit en deux ans (1698-1700). Mais à la mort de Guillaume III (1702), Louis XIV s'empare encore de la principauté, annexion confirmée par le traité d'Utrecht (1713). Expulsés, les protestants fidèles à leur religion trouvent refuge en Suisse et en Allemagne.

Place de Langes
La place de Langes occupe l'emplacement du jardin de l'ancien hôtel de Lubières devenu Hôtel de Ville en 1713. La création de cette "place de l'ouest" se justifiait par l'ampleur du marché hebdomadaire, et les encombrements provoqués place de la mairie. En décembre 1834, trois orangeois, Arnaud, d'Aymard et le baron de Saint-Jean, proposent à la ville la prise en charge des travaux de la place, exclusivement réservée aux étalagistes, à condition d'en percevoir pendant dix ans les revenus locatifs. Le marché s'y tient pour la première fois en 1840. L'hôtel Arène, ancienne auberge des Trois pigeons, continue la tradition hôtelière de la rue de Langes, qui comptait au moins cinq auberges au milieu du XIVème siècle, dont celle de l'Ange.Hôtel de Lapise
Venu à Orange à la fin du XVIème siècle, le protestant Jacques de Lapise échappe en février 1571 à la tuerie de "Notre-Dame la massacreuse". Notaire et secrétaire du gouverneur, il devient en 1584 archiviste, secrétaire du prince et greffier de ses domaines dans la principauté. En reconnaissance de ses bons et loyaux services, le prince Frédéric Henri érige en fief noble sa propriété de Maucoil en 1626.Son fils Joseph, conseiller extraordinaire du prince, est l'auteur du "Tableau de l'Histoire des Princes et Principauté d'Orange" édité à la Haye en 1639. Dans son hôtel est assassiné sur ordre du prince, le 11 juin 1630, le gouverneur félon, Jean de Valckembourg, auteur d'un traité secret signé avec Richelieu par lequel il vendait à la France la principauté d'Orange.

Notre-Dame de Nazareth et de tous les saints

L'évêché d'Orange est attesté depuis la fin du IVème siècle. La cathédrale Notre-Dame de Nazareth, érigée près d'une basilique épiscopale du VIème siècle aujourd'hui disparue, a été consacrée en 1208. Le clocher, édifié en 1338, était habité au Moyen Age par le prévôt du chapitre. Le 20 décembre 1561, pendant les guerres de Religion, l'église est saccagée par les huguenots : dès le lendemain, elle sert de temple.Deux ans plus tard, la grosse cloche lancée du haut du clocher sur la voûte la fait céder en grande partie, et la cloche restée intacte est brisée à coups de masse. Sous la Révolution, l'édifice devient temple de la Raison ; l'évêché, supprimé, n'a jamais été rétabli. Rendue au culte, Notre-Dame était au début du XIXème siècle la seule paroisse d'Orange.

Place Clemenceau
En 1310, le prince d'Orange fait aménager la "place neuve" près de l'église Notre-Dame, pour permettre aux habitants de s'y rassembler afin "de discuter et s'amuser". Depuis, cette grande place publique est le véritable cœur de la ville. Comme au Moyen Age, le marché s'y tient toujours le jeudi matin. La halle publique couverte, édifiée à la fin du XVIème siècle, a été détruite en 1839. A l'époque médiévale, pour débattre d'affaires importantes, le conseil municipal n'hésitait pas s'y réunir, entouré des habitants. On procédait alors à un vote par acclamations. S'y trouvait également le pilori, poteau où l'on attachait les condamnés exposés au regard public. En 1713, le conseil municipal achète l'hôtel de Lubières pour en faire le nouvel Hôtel de Ville ; le beffroi est construit peu après, mais la façade principale est seulement redécorée dans les années 1880. Dégagée et agrandie entre 1837 et 1842 pour atteindre sa configuration actuelle, la place reçoit en 1846 la statue - aujourd'hui sur la place de la République - de Rambaud II, comte d'Orange, dit le "croisé" en raison de sa participation à la prise de Jérusalem (1099).

Place aux Herbes
Située sur l'emplacement de l'ancien mazel, marché à la viande et au poisson installé à cet endroit pendant la peste noire (1348), la place aux Herbes est dotée d'une halle couverte destinée à abriter les étals. Incendiée en 1562, cette halle continue d'être utilisée malgré son état, jusqu'au début du XVIIème siècle : les bouchers exigent alors des consuls la réparation de l'édifice, sous peine de ne plus y vendre leur marchandise trop exposée au soleil comme à la pluie. En 1769, la halle est transférée devant le théâtre antique, après une pétition des habitants contre les mauvaises odeurs. Le nom de la rue du Mazeau rappelle l'ancienne activité de ce quartier. Au XIXème siècle, le marché est désormais réservé "aux productions de toute espèce apportées par les jardiniers de la cité et ceux du dehors". Mais les étalages de légumes débordent trop sur l'actuelle rue Stassart et la rendent impraticable : la place aux Herbes est agrandie en 1855, grâce à l'alignement des bâtiments occupés par la sous-préfecture entre 1848 et 1926.

Hôtel de Jonc
Dans la rue petite Fusterie, quartier occupé au Moyen Age par les charpentiers, les menuisiers et les fustiers, la famille de Jonc avait son hôtel particulier au XVIIIème siècle. Godefroy de Jonc, docteur en droit et juge royal, avait été chargé du gouvernement d'Orange par Louis XV en 1730. L'un de ses fils, Louis-Nicolas de Jonc de Salos, exerça deux fois les fonctions de maire d'Orange en 1785-1786 et 1789 avant de mourir guillotiné en 1794.Cet hôtel fut réquisitionné pour servir de logement aux membres de la Commission populaire. Selon la tradition, la vieille madame de Jonc, contrainte de quitter les lieux, passa la nuit avec sa servante devant sa maison sur un banc de pierre aujourd'hui disparu, pour n'avoir pas voulu déranger des personnes dans le besoin à qui elle louait une maison.

Place des Cordeliers
La place des Cordeliers doit son nom à la proximité de l'ancien couvent des Franciscains dont seuls subsistent l'église (actuelle église Saint-Florent) et le cloître. Ces religieux étaient familièrement appelés "Cordeliers" parce qu'ils portaient comme ceinture une corde à trois nœuds. La place prolonge à l'est l'esplanade du théâtre antique. La belle fontaine du XVIIème siècle faillit être supprimée sous le Second Empire pour être remplacée par une borne-fontaine.Les habitants du quartier défendirent son maintien en invoquant sa facilité d'accès, l'abondance de ses eaux utilisées "pour les besoins de leurs ménages et pour y abreuver les bêtes qu'on y conduit journellement en si grand nombre" et par les "nombreux étrangers que les marchés appellent chaque semaine".

Église Saint-Florent

Cette ancienne église des Franciscains, établis à Orange au début du XIVème siècle, a servi de sépulture à de nombreux princes de la dynastie des Baux. Pendant les guerres de Religion, l'église, déjà incendiée par les protestants en 1561, faillit être détruite dix-huit ans plus tard pour construire un moulin à blé sur son emplacement. Le retour des frères à Orange permit sa restauration.Sous la Révolution, l'église et le couvent ont été successivement utilisés comme caserne, grenier à foin, écurie et prison. Réouverte au culte en 1803, puis érigée en paroisse en 1844, l'église est dédiée au saint protecteur de la cité, Florent, évêque d'Orange au VIème siècle, et auteur de nombreux miracles. Orange et Florentiola (Italie), où il avait ressuscité une jeune fille, se partagent ses reliques.

Cours Pourtoules

Après la peste de 1721-1722, la ville décida de combler le fossé du bastion de Pourtoules, véritable cloaque aux odeurs nauséabondes. Une promenade plantée de mûriers, remplacés au siècle suivant par 85 platanes, est ainsi créée sur les terrains asséchés. Implantée à l'entrée du cours, au bord de la Meyne, la fabrique d'indiennes (cotonnades imprimées) créée par les frères Wetter, d'origine suisse, apporta à la ville une grande prospérité économique : au plus fort de son activité, cette industrie employait plus de 500 ouvriers spécialisés. Mais la concurrence des toiles de Jouy et les contrefaçons l'obligèrent à fermer à la fin du XVIIIème siècle. Le marché aux bestiaux s'est tenu sur la promenade jusqu'en 1971.


© Copyright ville d'Orange - 2011 - Crédit photos : ville d'Orange / Solis_Nebula