Histoire d’Orange
Découvrez l'histoire de la Cité des Princes : Orange.
Origines Préhistoriques
La première occupation de la colline Saint-Eutrope par des populations préhistoriques reste mystérieuse. Des découvertes d’outils en pierre polie, de silex taillés et de fragments de poterie révèlent une présence humaine, sans qu’un site précis ne soit identifié. Des fouilles ont montré que la région était densément peuplée au Néolithique. Vers le milieu du IVe millénaire avant JC, des bergers transhumants fréquentaient les pâturages au bord d’un lac, aujourd’hui disparu, au sud de la colline Saint-Eutrope.
Protohistoire et antiquité
La colline Saint-Eutrope aurait servi de forteresse à l’époque des oppida, offrant une protection stratégique contre les ennemis. En 1991, des restes d’un rempart défensif y ont été découverts. Mais l’habitat permanent reste incertain. Dans la plaine environnante, des signes d’occupation protohistorique témoignent d’une activité agricole et d’échanges avec les Grecs de Marseille.
Romanisation et fondation d’Orange
Après la conquête de César en 56 av. JC, la région fut progressivement dominée par les Romains. En 36 av. JC, la colonie romaine d’Arausio fut fondée par des vétérans de la légion Secunda Gallica, sur les terres des Tricastini, un peuple celte, membre d’une confédération dominée par les Cavares. Cette fondation marqua un tournant dans l’histoire de la région.
Le territoire fut organisé en parcelles à travers la cadastration, une méthode romaine de quadrillage systématique des terres, permettant une distribution équitable aux colons et un contrôle fiscal. En 77 ap. JC, l’empereur Vespasien ordonna que les cadastres d’Orange soient gravés dans le marbre pour protéger les terres des occupations illégales. Une partie de ce cadastre est visible au Musée d’Orange.
Principauté d’Orange
Au Moyen Âge, la Cité est le siège d’une Principauté, fief du Saint Empire romain germanique. Par le jeu des mariages, la ville est successivement dirigée par la maison des Baux, de Châlon et de Nassau. En 1163, l’Empereur Frédéric Barberousse élève Orange au rang de Principauté, avec le droit de battre sa propre monnaie et de réunir son propre Parlement. Cette indépendance vis-à-vis du royaume de France durera jusqu’en 1713 et la signature du Traité d’Utrecht qui mit fin à la guerre de succession d’Espagne.
Orange d’aujourd’hui
Aujourd’hui, Orange se trouve au cœur de la Provence, à proximité des gorges de l’Ardèche, des stations de ski alpines et des plages méditerranéennes. Bénéficiant d’un climat méditerranéen, avec 300 jours de soleil par an et des étés chauds, la ville est une destination touristique prisée. Le mistral, vent provençal, efface les nuages et laisse un ciel bleu azur. Grâce à des projets de rénovation, Orange connaît un renouveau commercial, viticole, culturel, économique et touristique, renforçant son caractère provençal et attirant aussi bien les touristes que les investisseurs.
Une oeuvre
En 1793-1794, la Révolution française devint particulièrement sanglante avec la Terreur. Nombre de massacres et d’exécutions sommaires furent ordonnés par Robespierre et ses sbires. À Orange, le représentant de la Convention nationale installa un tribunal dans l’ex-chapelle Saint-Louis. Il prononça 116 peines de prison et 332 condamnations à mort, dont 32 religieuses des couvents de toute la région.
Pendant très longtemps, la France a volontairement oublié les victimes de cette folie sanguinaire. En juillet 2019, la Ville d’Orange a élevé un monument à la gloire de ces Martyrs, installé devant le Théâtre municipal. Ce monument veut rétablir la mémoire d’un peuple sacrifié deux fois. Par la violence d’un régime d’abord, puis par l’occultation de leur mémoire ensuite.Il ne faut pas y voir une volonté d’auto-flagellation ou de remords déplacés. Au contraire, il célèbre la force du sang et la gloire de ces héros silencieux.
Un artiste
Boris Lejeune étudie la sculpture à Saint-Pétersbourg où il sort diplômé en 1974. Il participe à plusieurs expositions en Russie et en Ukraine avant d’émigrer en France pour des raisons politiques. Il se spécialise en art sacré et réalise des sculptures telles que l’Ange au pied de vigne en 2010, ou encore la grande et majestueuse statue de Jeanne d’Arc, près de Domrémy, en 2013.