À la découverte des trésors de la cathédrale

En septembre dernier, les équipes de consolidation et restauration de la cathédrale ont débuté les travaux de la première travée de la nef avec les deux chapelles latérales adjacentes. Les travaux devront être terminés en septembre-octobre 2018 avec notamment l’arrivée du nouvel orgue

Après plusieurs sondages pour découvrir l’ensemble des décors de ce lieux religieux, les architectes ont décidé de restaurer l’avant dernière strate, celle de 1819. Ce choix s’est inscrit dans un souci de cohérence et d’unité artistique avec l’ensemble du décor de l’édifice et particulièrement le chœur.

Lors des travaux, les restaurateurs ont découvert d’anciens et magnifiques décors des strates inférieures. La première strate remonte au XIVe siècle où les restaurateurs ont découvert des peintures détaillées, des personnages distincts… La deuxième strate correspond à un décor du XVIIe siècle marqué notamment par la grande peinture du jugement dernier qui a aujourd’hui partiellement disparu avec l’installation du vitrail central. La troisième strate remonte au XVIIIe siècle et les deux dernières ont été réalisées au début et à la fin du XIXe siècle. La dernière est principalement faite avec des pochoirs. Une seule couche plus récente est donc à enlever. Ce choix s’inscrit dans une logique de cohérence de l’ensemble de la décoration de la cathédrale.

La restauration de monument : peinture et consolidation

Il est parfois difficile de revenir à certaines périodes. De nombreuses fissures se remarquent et le travail de consolidation implique de gros travaux. Pour cela, les techniques de dégagement relèvent d’une grande précision, d’une maîtrise et de beaucoup de patience. Pour consolider la peinture, les restaurateurs utilisent la technique appelée PLM. C’est une seringue où ils injectent des coulis de chaux, technique agréée par les monuments historiques. Avec l’aide un scalpel et centimètre après centimètre, les quatre restaurateurs laissent découvrir les strates antérieures. Parfois, ils sont obligés d’utiliser des compresses pour atteindre plus facilement les strates antérieures sans abîmer le décor à l’huile ou à l’eau.
Le travail de restauration et de consolidation ne consiste en aucun cas à inventer ou à créer de nouveaux décors sur les parties lacunaires. Ces zones sont remplies de chaux pour ne pas dénaturer les décors antérieurs, puis chaque lacune sera traitée, à l’aquarelle, comme un accompagnement du décor. Les tons des couleurs seront soigneusement choisis par les restaurateurs afin d’offrir un décor harmonieux malgré les lacunes.
Deux maçons interviennent également sur le chantier où ils ont restauré la voûte. Recouverte d’un enduit noirci par le temps, celle-ci a été lessivée puis de nouveau badigeonnée d’un enduit à base de chaux, d’eau et de pigments.
Dans quelques mois, des menuisiers rejoindront l’équipe pour s’occuper des boiseries, ainsi que des électriciens pour améliorer l’éclairage de la cathédrale.

La restauration de la première travée de la cathédrale d’Orange.

Afin de redonner ses lettres de noblesse à la première travée de l’ancienne cathédrale Notre-Dame de Nazareth, la Mairie a pris la décision d’entreprendre d’importants travaux de rénovation et de mise en valeur. Ces derniers consisteront à restaurer les décors peints de la chapelle St Antoine et des fonts baptismaux, à renforcer de manière ponctuelle la structure du bâti existant, à préserver les fragments de marbre recouvrant le sol et à assainir une partie des pieds de murs extérieurs par la mise en place de matériaux drainant. Enfin, la tribune pourra accueillir son nouvel orgue.
Concernant plus particulièrement les décors peints, à la suite d’une importante campagne de sondages et d’essais de nettoyage des décors, il a été choisi, en concertation avec la Conservation Régionale des Monuments Historiques, de restaurer le décor du début du XIX° siècle. Il s’agit d’un décor d’architecture en trompe l’œil aux tons légers, présent sur l’ensemble de la nef, et qui a déjà été remis en valeur dans le chœur lors de la dernière campagne de travaux. Le dégagement de ce décor permettra ainsi de retrouver la cohérence globale de l’ornementation de l’église.
Le chantier a commencé en septembre 2017 et s’achèvera en septembre 2018. La zone de travaux sera totalement isolée du reste de l’édifice par l’installation d’une protection étanche. La partie de l’église non concernée par les travaux restera ouverte au public.

Le montant total des travaux de restauration s’élève à 970 000 euros financés à 40 % par la DRAC et 60 % par la ville.