Les travaux du Théâtre Antique

Les travaux en cours au Théâtre Antique s’étalent sur 8 ans, et ont commencé en 2016. Ce sont uniquement des travaux de restauration et de consolidation avec des matériaux traditionnels comme la chaux et la résine

Les projets d’aujourd’hui ne font pas oubliés ceux d’hier. Depuis plus de 20 ans, la municipalité consacre son énergie, et par nécessité beaucoup d’argent à la préservation du patrimoine orangeois. Le Théâtre Antique est la plus belle pièce du patrimoine orangeois : très bien conservé, il est encore possible de voir sur le mur de nombreux décors tels que les arcades, les consoles, les ouvertures et une épitaphe vieille de plus 2000 ans.

Après plusieurs sondages pour découvrir l’ensemble des décors de ce lieux religieux, les architectes ont décidé de restaurer l’avant dernière strate, celle de 1819. Ce choix s’est inscrit dans un souci de cohérence et d’unité artistique avec l’ensemble du décor de l’édifice et particulièrement le chœur.

Le cœur historique d’Orange : le projet de restauration du Théâtre Antique

Depuis 2015, a été lancé un plan pluriannuel, sur 8 ans, de restauration générale des parements et de de mise en sécurité. Les premières phases se sont déroulés avec succès.
Les travaux en cours ont commencé en 2016. Cette année, c’est le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) en collaboration avec l’Institut de Recherche de l’Architecture Antique (IRAA) et l’Université d’Aix qui en sont chargés. Il a d’abord fallu d’inspecter les consoles (pierres très solides de plus de 2000 ans) et prévenir des chutes éventuelles en consolidant le mur. Des examens radars ont montré la nécessité de les consolider à l’aide de goujons en fer. Les travaux de restauration et de consolidation se font avec des matériaux traditionnels comme la chaux et la résine ; des feuilles de plomb ont été installées sur les corniches pour les protéger des infiltrations d’eau, en prenant modèle sur le Panthéon romain. Les techniques utilisées sur le mur de façade du Théâtre sont les mêmes que celles utilisée sur les côtés latéraux du Théâtre Antique : tous les travaux de rénovation sont faits dans un esprit d’authenticité et de cohérence, sous l’égide d’autorités en la matière. Un suivi archéologique est effectué pour chaque phase des travaux.
Une partie du projet consistait à la « dé-restauration » de la frise des Centaures du Théâtre Antique. Ce chantier dirigé par Emmanuel Desroches reprenait la frise découverte en 1930 qui avait été replacée à cette époque sur le fronton du Théâtre après avoir été cimentée et doublée en marbre à l’aide de goujons en fer. L’équipe d’Emmanuel Desroches et Alessandro Ingoglia a dû intervenir pour préserver la frise et permettre son étude complète par les archéologues.
38 mètres d’échafaudages sur 115 mètres de long ont été installés pour réaliser la totalité de ces travaux. Ils seront retirés d’ici une quinzaine de jours pour se terminer début juin et laisser place aux festivités estivales avec notamment les Chorégies d’Orange.
Les travaux reprendront en septembre, avec l’étude et la restauration du mur de scène, tranche très attendue par tous les acteurs du projet qui ont hâte d’intervenir sur de nouveaux matériaux comme le marbre ou le granit.

Pour toutes ces raisons, il a fait l’objet d’une attention et d’efforts particuliers. Le projet de préservation et de restauration s’est fait en plusieurs temps. D’abord, entre 1995 et 2005, environ 402 000 € ont été investis par la ville pour des travaux d’urgence. Puis le grand projet de création d’une toiture au-dessus de la scène a vu le jour en 2005. Il a également fallu assurer la protection des maçonneries antiques, la mise en place d’un dispositif anti-pigeons et l’extension des éclairages scéniques, car la Ville tient à ce que le patrimoine soit témoin d’une époque passée mais aussi acteur de notre époque présente. Tout cet investissement représente un coût de plus de 300 000 €.