Xavier Magnin, chevalier blanc des fonctionnaires ? Faux

Le chien aboie, la caravane passe

Vendredi 5 avril, l’ex-directeur de cabinet et futur candidat à la mairie d’Orange Monsieur Magnin (RN) s’est fendu d’une lettre ouverte au maire, qu’il a distribuée à quelques fonctionnaires et à la presse.
Dans ce qui n’est qu’un tract politique, Monsieur Magnin attaque nommément le directeur général des services.
Cette manière de faire n’est ni loyale ni intelligente. C’est une chose de vouloir se présenter au suffrage des électeurs, c’en est une autre de s’en prendre au travail des fonctionnaires. Etant soumis à une stricte neutralité exigée par leur fonction, ces derniers n’ont pas à être instrumentalisés dans des querelles politiciennes.

Profitant de ce devoir de réserve des fonctionnaires, Monsieur Magnin prend à partie l’ensemble des employés de mairie : il crée une rumeur au risque de mettre plusieurs personnes dans l’embarras. D’où parle-t-il, sur quels faits s’appuie-t-il pour étayer ses mises en cause ? De deux choses l’une, soit l’auteur de la lettre possède des éléments et il trahit l’éventuelle confiance de ceux qui se seraient confiés à lui. Soit il affabule, et dès lors sa manipulation est d’une extrême gravité.
Je me souviens par ailleurs du mail d’adieu en avril 2014 du fameux Magnin, lequel s’excusait de son management rude auprès des fonctionnaires. Il s’y décrivait comme « quelquefois cassant ou abrupt » sachant pouvoir « blesser ponctuellement ». Comme le dicton l’enseigne : on ne juge les autres que d’après soi-même.

Dans la continuité, le même Magnin demande le compte-rendu des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Dois-je rappeler que ce sont les représentants du personnel qui ont à connaître ce rapport et non les impétrants aux élections municipales ?
Connaît-il son sujet ? Je ne le pense pas. Le service dont j’ai la charge respecte strictement la consigne de confidentialité attachée à ces comités. Je rassure donc tous les fonctionnaires sur la question.

Elu en charge des Ressource humaines, je me dois de protéger tous les employés de la Mairie d’Orange des manœuvres et querelles extérieures.
Le respect de ce devoir a permis de créer de saines conditions de travail comme le prouve l’absence totale de grève en mairie depuis plus de 20 ans. En effet, la grève de l’été 2017 dont parle Monsieur Magnin concernait des agents de la CCPRO à une époque où ni le Maire Jacques Bompard, ni le directeur général n’occupaient leurs fonctions respectives de Président de l’intercommunalité et de direction générale près la CCPRO.

La baisse continuelle de l’absentéisme est un autre élément significatif des bonnes conditions de travail régnant en mairie d’Orange. Dans son dernier rapport, la Chambre régionale des comptes évoque une baisse de 22% du taux d’absentéisme pour raison de santé entre 2012 et 2016, celui-ci s’élevant à 5,7% en 2017 alors que le taux moyen national dans les collectivités est de 9,3%. La situation orangeoise n’a cessé de s’améliorer alors que dans le même temps « près d’un agent sur quatre » (Vaucluse matin - 2016) était en arrêt maladie à la mairie du Pontet où Monsieur Magnin exerce depuis 2014.

Entre mépris des fonctionnaires et inexactitudes factuelles, Monsieur Magnin doit revoir sa copie.

Denis Sabon, maire-adjoint en charge des ressources humaines